Vermeer, toujours présent dans des œuvres inattendues
Dans Vermeer’s Afterlives, l’historienne Ruth Bernard Yeazell suit les traces laissées par Johannes Vermeer dans la peinture, le cinéma, la poésie et la littérature. Le livre rappelle aussi comment un artiste longtemps resté dans l’ombre est devenu une référence pour lire la lumière, les intérieurs et les figures solitaires.

Johannes Vermeer est mort en 1675, à 43 ans, dans la dette et l’oubli. Sa renommée ne s’est réellement installée qu’au milieu du XIXe siècle, lorsque le critique parisien Théophile Thoré a remis son œuvre en circulation et l’a défendue comme une découverte majeure.
Ce qui continue d’attirer vers Vermeer, c’est le peu d’œuvres qui lui sont attribuées et le mystère qui entoure sa biographie. Avec une trentaine de tableaux connus seulement, il laisse à voir des scènes calmes, fermées, où la lumière venue d’une fenêtre modèle l’espace et fait tenir ensemble gestes, objets et silences.
Yeazell s’intéresse précisément à cette manière de construire l’image. Son livre suit ces échos chez des artistes aussi différents que Vilhelm Hammershøi, chez des cinéastes du XXe siècle, ou dans la poésie contemporaine, en montrant comment la peinture de Vermeer a servi de point d’appui à d’autres façons de regarder le quotidien.
Pour les artistes et les amateurs de dessin ou de peinture, l’intérêt est clair : Vermeer n’offre pas seulement des sujets, mais un métier du regard. Ses intérieurs, souvent habités par une seule femme absorbée dans une tâche, montrent comment la composition, la lumière et l’attente peuvent ouvrir une image sans la fermer sur un récit unique.
Source : Hyperallergic