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Le cirque, atelier d’images pour les peintres modernes

Cet automne, deux expositions mettent en regard le cirque et les artistes qu’il a nourris, à Paris et à Wakefield. Elles montrent comment la piste, les costumes et les corps en mouvement ont aidé à inventer de nouvelles façons de peindre et de dessiner.

Le cirque, atelier d’images pour les peintres modernes
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Au Musée de Montmartre, The Circus: a Factory of Modern Art s’ouvre le 16 octobre et réunit des œuvres qui vont de Toulouse-Lautrec à Chagall, en passant par Léger, Degas, Seurat, Bonnard, Rouault, Picasso et Renoir. L’exposition part du Cirque Medrano, installé à Montmartre, longtemps surnommé le « cirque des peintres », pour montrer comment ce lieu a offert aux artistes un laboratoire de formes, de couleurs et de rythmes.

Le sujet n’est pas seulement pittoresque : la piste circulaire, la lumière sur les costumes, les chevaux au galop et les clowns ont poussé ces peintres vers des compositions plus mobiles, plus découpées, parfois plus audacieuses. Fernand Léger résumait cette invitation dans Cirque, en appelant à quitter les rectangles pour « un monde de cercles en mouvement ».

Parmi les prêts annoncés à Paris figure Le Cirque Medrano (1918), venu du Centre Pompidou. Autour de lui, des accessoires comme des trompettes, des scies musicales et des costumes originaux rappellent que le cirque est aussi un monde d’objets, de gestes précis et de mise en scène, que les artistes transforment en signes visuels.

À Wakefield, Marc Chagall: The Circus ouvrira le 21 novembre au Hepworth Wakefield. L’exposition revient sur un motif que Chagall a poursuivi toute sa vie, depuis ses souvenirs d’enfance à Vitebsk jusqu’aux gouaches réalisées au Cirque d’Hiver à Paris entre 1926 et 1927, qui serviront de point de départ à une série de lithographies au cœur du parcours.

Pour les amateurs de peinture et de dessin, ces deux expositions rappellent combien le cirque a compté comme école du regard. Il y a là des corps suspendus, des équilibres fragiles, des gestes répétés et des instants de bascule : autant de situations qui obligent l’artiste à saisir le mouvement, la tension et l’éphémère.

Source : The Art Newspaper