Savdie et Soutine, deux façons de faire parler la chair
À New York, une exposition rapproche Ilana Savdie et Chaïm Soutine autour d’images de corps, de viande et de métamorphose. Le dialogue entre leurs peintures fait sentir comment la matière peut devenir un lieu d’angoisse, de mémoire et de vision.

L’article de Hyperallergic revient sur une exposition new-yorkaise qui met en regard Ilana Savdie et Chaïm Soutine. Le rapprochement peut sembler évident tant les deux peintres travaillent la chair comme un territoire instable, traversé par la violence, la tension et une forme d’inquiétude visuelle.
Chez Soutine, des œuvres des années 1920 montrent comment un motif banal peut basculer dans le drame. Dans Hanging Turkey, la volaille suspendue n’est pas seulement un sujet de nature morte : la touche nerveuse, les contours agités et la couleur donnent à l’image une intensité presque corporelle, comme si la peinture elle-même était sous pression.
Savdie, dans des œuvres récentes comme Galactophore, pousse autrement cette sensation de transformation. L’article souligne sa manière de dissoudre le bruit du monde contemporain en formes organiques, comme si l’image ouvrait une chambre intérieure où le regard doit apprendre à circuler entre attraction et malaise.
Ce qui intéresse ici les artistes et les amateurs de dessin ou de peinture, c’est la façon dont deux époques très éloignées peuvent se rejoindre par le métier : composition tendue, geste visible, matière active, capacité à faire d’un corps représenté un espace mental. La confrontation des deux peintres rappelle que la peinture peut encore saisir ce qui se dérobe, entre reconnaissance et étrangeté.
Source : Hyperallergic