Sabine Moritz au Garden Museum, entre mémoire et paysage
Le Garden Museum de Londres consacre à Sabine Moritz sa première grande exposition muséale au Royaume-Uni, Lie Down in Green Pastures, visible jusqu’au 20 décembre. L’artiste allemande y relie ses débuts, ses dessins botaniques et ses peintures récentes autour d’un même intérêt pour le vivant.

L’exposition rassemble des œuvres sur trente ans, avec des manques assumés, et met en regard des pièces rarement montrées, dont Institute I et Institute II, peintes en 1993 alors qu’elle étudiait à l’Académie des arts de Düsseldorf. Moritz explique qu’elle travaillait alors à apprendre la peinture à l’huile, tout en cherchant déjà une forme d’urgence dans l’image.
Ce qui traverse l’ensemble, c’est moins un sujet qu’une manière de regarder. Moritz parle des plantes, des fenêtres, des arbres, du jardin comme d’espaces où l’on observe ce qui pousse, ce qui résiste, ce qui revient ; elle dit aussi avoir longtemps dessiné ce qu’elle voyait dehors quand elle ne savait plus quoi faire en atelier.
Pour les artistes et les amateurs de dessin, l’intérêt de cette exposition tient à cette circulation entre mémoire, observation et invention. Les Lobeda line drawings, faits d’après souvenir, côtoient des dessins botaniques et des peintures plus récentes où la nature n’est pas un décor, mais un champ d’expérimentation formelle, avec ses équilibres fragiles et ses reprises.
Moritz relie aussi son travail à des images de récolte en Ukraine photographiées par Robert Capa en 1947, qui l’ont conduite à peindre à répétition la figure d’un enfant. Ce motif, comme les fleurs ou les herbes, fait apparaître une attention au métier de peintre : reprendre, varier, laisser venir une forme, puis la laisser se déplacer vers autre chose.
Source : The Art Newspaper