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Robert Ryman au Barbican, une peinture qui demande du temps

Le Barbican Art Gallery à Londres présente Robert Ryman: The Real Thing, une exposition consacrée à l’artiste américain Robert Ryman (1930-2019) jusqu’au 28 février 2027. Elle réunit des œuvres des années 1950 au début des années 2010 et remet en circulation un travail souvent résumé trop vite à des « peintures blanches ».

Robert Ryman au Barbican, une peinture qui demande du temps
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Né à Nashville, Ryman arrive à New York au début des années 1950 pour devenir saxophoniste de jazz. Il travaille alors comme gardien au MoMA, apprend à peindre seul, puis déplace peu à peu la question du tableau vers ce qui le constitue réellement : pigment, surface, format, lumière et espace.

L’exposition montre bien que la sobriété de ses toiles n’a rien d’un effacement. Chez Ryman, le blanc sert à rendre visibles des écarts très fins de matière, de bord, de tension ou de rapport au mur, et l’accrochage insiste sur cette expérience directe du regard plutôt que sur une lecture imposée.

Parmi les œuvres mises en avant, Untitled (Orange Painting) (1955 et 1959) rappelle que sa recherche a d’abord passé par la couleur, avec un orange vif et un sous-peint vert acide. Surface Veil II (vers 1970), grand format rarement prêté, fait apparaître une autre dimension de son métier : la manière dont le châssis, la toile et la réserve non peinte participent eux aussi à l’image.

Pour les peintres et les dessinateurs, cette exposition est un rappel utile : une œuvre peut tenir à peu de moyens tout en restant complexe dans sa fabrication et dans son effet. Elle invite aussi à regarder le tableau comme un objet situé, dont la présence change avec la distance, la lumière et l’espace qui l’entourent.

Source : The Art Newspaper