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Matisse et L’Atelier rouge, quand la couleur prend le dessus

Un nouveau film de Great Art Explained revient sur L’Atelier rouge de Henri Matisse, peint en 1911 et aujourd’hui conservé au MoMA, à New York. Le sujet est moins l’histoire d’un tableau célèbre que la façon dont il a déplacé les règles du regard en peinture.

Matisse et L’Atelier rouge, quand la couleur prend le dessus
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Le court documentaire de l’historien de l’art James Payne retrace la trajectoire de cette toile de plus de deux mètres de large, longtemps déroutante pour le public comme pour les critiques. Matisse y abandonne les repères habituels de profondeur et de perspective : l’atelier devient un champ rouge presque continu, où les objets semblent flotter plutôt que s’installer dans l’espace.

Ce qui intéresse ici les peintres et les dessinateurs, c’est la manière dont la couleur organise tout le tableau. Au lieu de faire tenir la scène par le dessin, Matisse laisse le rouge définir les contours, les distances et même la présence des meubles, des tableaux accrochés au mur et de l’horloge sans aiguilles.

Un tableau qui a mis du temps à être compris

L’article rappelle que L’Atelier rouge n’a pas trouvé preneur, pas même lors de l’Armory Show de 1913, où il côtoyait d’autres formes expérimentales comme le fauvisme, le cubisme et l’œuvre de Marcel Duchamp. Matisse l’aurait gardé à l’écart pendant près de dix ans, avant qu’il ne circule aussi dans un nightclub londonien, signe d’un destin de tableau plus mouvant que celui d’une simple pièce de collection.

Pour les amateurs d’art, l’intérêt du film est de montrer comment une œuvre peut faire vaciller des habitudes visuelles très établies. L’Atelier rouge ne raconte pas seulement un atelier : il donne à voir un espace où la peinture pense sa propre forme, et où le regard doit apprendre à lire autrement.

Source : Colossal