Issy Wood au National Portrait Gallery, entre miroir et mise en scène
Le National Portrait Gallery de Londres consacre onze autoportraits récents d’Issy Wood à l’ouverture de sa nouvelle série Artist Focus. L’exposition éclaire une peinture qui observe le visage comme un terrain de choix, de retenue et de construction du regard.

Née d’un besoin très concret, la série d’autoportraits d’Issy Wood s’est développée sur plusieurs années à partir de selfies pris au téléphone. L’artiste, Britannique et Américaine, y travaille son propre visage dans des images qui ne cherchent ni la spontanéité ni le simple aveu, mais une forme de présence fabriquée, parfois masquée, parfois très directe.
Ce qui intéresse ici, pour les peintres comme pour les amateurs de dessin, c’est la manière dont Wood transforme un sujet familier en exercice de regard. Chaque image demande des décisions multiples sur la pose, l’expression, la distance ou le degré de dévoilement, et l’ensemble fait sentir combien l’autoportrait peut être un lieu d’essai plutôt qu’un relevé fidèle.
Ses tableaux dialoguent aussi avec plusieurs histoires de la peinture et de l’image : Renoir, les collages de Hannah Höch et John Stezaker, mais aussi la publicité, la mode ou les réseaux sociaux. Ce mélange donne des œuvres séduisantes et dérangeantes à la fois, où le visage devient un espace traversé par des codes visuels contradictoires.
Présenter ces pièces au National Portrait Gallery les inscrit dans une histoire plus large du portrait occidental, tout en rappelant qu’un autoportrait contemporain peut encore déplacer les attentes du genre. Pour un public d’artistes, l’intérêt est là : voir comment une pratique très intime peut rester ouverte, mobile, et attentive à ce que montrer un visage veut dire aujourd’hui.
Source : The Art Newspaper