Autour d’Art Basel Paris, des œuvres qui déplacent le regard
Cette semaine à Paris, plusieurs expositions et projets hors les murs accompagnent Art Basel Paris, du Canal Saint-Martin au Trocadéro, en passant par le Louvre, la Cité de l’architecture et l’île Seguin. Ils donnent à voir des œuvres où le format, le lieu et la matière comptent autant que le sujet.

À Paris Internationale, sur le quai de Valmy, 56 galeries et cinq espaces non lucratifs sont réunis jusqu’au 24 octobre pour la douzième édition de la foire. L’échelle volontairement resserrée de l’événement favorise des rencontres directes entre artistes, galeristes et visiteurs, dans un climat moins tendu que celui des grandes foires.
Parmi les stands, on remarque les œuvres de Kostis Velonis chez The Breeder, celles de Keith Farquhar chez Kendall Koppe, ou encore le travail de Lucy Beech avec Champ Lacombe, qui mêle vidéo, photographie et sculpture. Le programme de rencontres comprend aussi, le 23 octobre, une table ronde sur la conduite à tenir dans une organisation artistique, signe que la foire ne se limite pas à la vente mais interroge aussi ses propres pratiques.
Dans l’espace public, Tracey Emin installe trois bronzes monumentaux au Trocadéro, sous la tour Eiffel. Les figures féminines passent de la retenue à la résistance, et l’œuvre prend une autre dimension dans ce lieu très fréquenté : elle met en tension une expérience intime du deuil et la visibilité d’une sculpture exposée à tous les regards.
Plus loin, Kutluğ Ataman présente Kuba dans la chapelle des Petits-Augustins, tandis qu’au Louvre, Kader Attia et Elizabeth Peyton montrent les travaux issus de leurs résidences. Ces propositions rappellent combien le dessin, la vidéo, la peinture ou l’installation peuvent dialoguer avec l’histoire des lieux : Attia travaille sur les violences coloniales et les images qui les accompagnent, Peyton regarde la collection du musée pour faire circuler portraits anciens et contemporains, et Mahama, à la Fondation Cartier, transforme des matériaux industriels en récit sur l’histoire et l’avenir.
Source : The Art Newspaper