Au MoMA, Brancusi et son atelier déplacent le regard
Le Museum of Modern Art consacre une exposition à Constantin Brancusi, Brancusi: The Artist and His Studio, à New York. L’accrochage met autant l’accent sur les œuvres que sur l’atelier comme lieu de travail, de présentation et d’échanges.

Dans sa critique publiée le 5 novembre 2026, Hyperallergic souligne d’abord un point simple : malgré la lassitude que suscitent encore les grands noms déjà consacrés, une exposition Brancusi a toute sa place au MoMA. L’intérêt du projet tient ici moins à une rétrospective classique qu’à la manière dont il fait apparaître l’atelier de l’artiste comme une œuvre à part entière, un espace où se fabriquent les sculptures, mais aussi leur mise en relation avec le public et avec d’autres artistes.
L’exposition réunit des dessins, des photographies, des films, des outils et même des pochettes de disques ayant appartenu à Brancusi. Ce choix donne à voir un métier au plus près : les gestes, les instruments, les traces de travail, mais aussi les objets qui entouraient la création et la vie quotidienne. Pour un peintre ou un dessinateur, c’est une façon de penser l’atelier non comme un simple décor, mais comme un lieu de composition, d’essais et de circulation des idées.
Le texte rappelle aussi combien Brancusi continue de compter pour des artistes d’aujourd’hui, notamment des sculpteurs interrogés cette année. Ce qui demeure vivant dans ces œuvres, c’est la façon dont elles tiennent l’espace : elles invitent à regarder les volumes, les équilibres et les rapports de proximité entre les pièces exposées, autant que les formes elles-mêmes.
Hyperallergic note enfin que l’exposition pose une question très concrète de circulation et d’échelle au musée. Ce problème d’espace, loin d’être anecdotique, rejoint ce que l’on regarde chez Brancusi : des œuvres qui demandent du recul, du silence et une attention aux intervalles autant qu’aux matières.
Source : Hyperallergic