Ann Toebbe, des intérieurs qui deviennent des lieux
À Chicago, Ann Toebbe compose des peintures d’intérieurs et de bâtiments tronqués où l’espace se charge de souvenirs et d’affects. Son travail, montré dans une exposition collective chez Andrew Rafacz jusqu’au 31 octobre, mêle gouache, huile, collage et dessin.

Dans les images d’Ann Toebbe, une maison, une pièce ou une façade ne sont jamais seulement des volumes à décrire. L’artiste, installée à Chicago, part d’émotions et d’expériences vécues pour construire des scènes où l’architecture devient le support d’une mémoire intime.
Ses œuvres naissent de croquis préparatoires et de dessins plus élaborés, puis se fixent sur panneau dans des compositions qui combinent gouache, huile, papier collé et crayon de couleur. Toebbe travaille à partir de photos de référence, mais elle modifie les plans, étire un mur, ouvre l’intérieur vers l’extérieur ou replie l’espace comme une boîte à plat.
Ce qui retient l’œil, c’est moins la fidélité d’un lieu que la manière dont il est construit. Ses perspectives inversées ou parallèles, ses lignes légèrement faussées et son goût pour les motifs et les textures créent une sensation de bascule, comme si l’on entrait dans un espace familier devenu étrange.
Pour les artistes comme pour les amateurs de peinture et de dessin, cette pratique montre comment le métier du regard peut transformer un sujet ordinaire en problème formel. Chez Toebbe, l’intérieur n’est pas un décor : c’est une structure à penser, où l’on lit à la fois l’architecture, la matière et ce qu’un lieu raconte de ceux qui l’habitent.
Source : Colossal