À Rome, des fresques du XVIe siècle réapparaissent à la Villa Silvestri Rivaldi
Dans la Villa Silvestri Rivaldi, sur la Via dei Fori Imperiali à Rome, des restaurateurs dégagent un ensemble de fresques du XVIe siècle longtemps recouvertes. Le chantier révèle des scènes mythologiques, des combats et des portraits impériaux, dans un bâtiment dont l’histoire a été plusieurs fois réécrite.

Le site, aujourd’hui encore partiellement masqué par des échafaudages, passe presque inaperçu aux yeux des touristes qui se rendent vers le Colisée. Pourtant, à l’intérieur, les chercheurs découvrent peu à peu un décor commandé au milieu du XVIe siècle par Eurialo Silvestri, puis recouvert au XVIIe siècle par des religieuses qui jugeaient ces nus païens offensants.
Les premières zones dégagées laissent voir des fragments d’armures, des putti, puis des scènes plus vastes : dieux et déesses, signes du zodiaque, batailles, cavaliers et empereurs. Dans la salle des Divinités, les fresques attribuées probablement à Prospero Fontana, et peut-être antérieures à une intervention de Perino del Vaga, déploient des figures monumentales dans des tons d’orange, de jaune et de vert.
Pour les artistes et les amateurs de dessin, l’intérêt du chantier tient autant à ce qui apparaît qu’à la manière dont cela apparaît. On y lit la logique d’un atelier de la Renaissance, ses reprises, ses hiérarchies de figures et son dialogue avec l’Antique, mais aussi les gestes du temps : badigeon, effacement, reprise, puis nettoyage par couches successives.
Un chantier encore ouvert
Les travaux se poursuivent dans la salle des Empereurs, où subsistent des scènes de bataille et des portraits de Titus et d’Hadrien, tandis qu’une autre pièce, la salle de Cupidon et Psyché, reste à étudier. Acquis par la région du Latium en 2024 pour 25 millions d’euros, l’ensemble n’a pas encore de calendrier de restauration complet, mais le projet associe aussi les habitants qui se souviennent du lieu au milieu du XXe siècle.
Source : The Art Newspaper